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La méthode MyLoveLab : sur quoi reposent le test et le programme

MyLoveLab n’est pas une étude scientifique, et on ne veut pas le faire croire. C’est un outil construit à partir de ce que la recherche en psychologie du couple a établi de plus solide depuis cinquante ans, réorganisé pour être utilisable en 15 minutes de test et 8 minutes par jour. Cette page explique d’où vient chaque brique, et où s’arrêtent nos prétentions.

Chaque auteur cité ici a sa page dans la section La recherche : son parcours, ses concepts, ce que ses études montrent vraiment, leurs limites, et comment on s’en sert. La bibliographie complète y est aussi.

Pilier 1 : la communication et les conflits, avec Gottman

John Gottman et Robert Levenson observent des couples depuis les années 1970, soit plus de cinquante ans, en laboratoire et sur la durée. De ces observations sont sortis les repères que MyLoveLab utilise pour les dimensions communication et conflits : les quatre cavaliers (la critique, le mépris, la défensive et le retrait), les tentatives de réparation pendant une dispute, le ratio entre interactions positives et négatives, et la « maison de la relation ». Leurs études longitudinales ont montré que ces schémas d’interaction sont fortement liés à la stabilité du couple sur dix ans et plus.

On complète avec le travail de Samantha Joel et de ses collègues, publié en 2020 dans PNAS : une analyse par apprentissage automatique de 43 études longitudinales, soit 11 196 couples, pour identifier ce qui prédit le mieux la qualité d’une relation. Ce sont ces travaux qui expliquent les « 11 196 couples » affichés sur la page d’accueil ; les « 50 ans de recherche » renvoient, eux, aux observations de Gottman commencées dans les années 1970. Leur résultat le plus utile pour nous : ce qu’une personne perçoit de l’engagement, de l’appréciation et de la satisfaction de son ou sa partenaire compte plus que ses propres traits de personnalité.

Pilier 2 : l’attachement et la sécurité

La théorie de l’attachement vient de John Bowlby, puis de Mary Ainsworth qui a décrit les premiers styles chez l’enfant. Cindy Hazan et Phillip Shaver l’ont étendue au couple adulte en 1987, et c’est aujourd’hui l’un des cadres les mieux documentés pour comprendre comment on réagit à la proximité, à la distance et à l’insécurité dans une relation.

Pour mesurer ton style, le test s’inspire de l’échelle ECR-R (Fraley, Waller et Brennan, 2000, d’après Brennan, Clark et Shaver, 1998), l’outil de référence pour situer une personne sur deux axes : l’anxiété d’abandon et l’évitement de l’intimité. Le croisement de ces deux axes donne les quatre styles utilisés dans ton rapport : sécure, anxieux, évitant, désorganisé. Attention, le test MyLoveLab n’est pas l’ECR-R lui-même, il en reprend la logique dans un format plus court.

Pour le programme, la dimension attachement s’appuie sur la thérapie centrée sur les émotions de Sue Johnson, la méthode de thérapie de couple la plus évaluée à ce jour, ainsi que sur les synthèses de Mikulincer et Shaver et sur le livre grand public de Levine et Heller, Attached, pour les combinaisons de styles en couple.

Pilier 3 : les langages d’amour, l’intimité et le soutien

Les cinq langages de l’amour de Gary Chapman servent de grille à la dimension du même nom. C’est un modèle populaire plus qu’un modèle validé statistiquement, et on le présente comme tel : un vocabulaire utile pour repérer ce qui touche vraiment l’autre, pas une loi.

Pour l’intimité et le désir, le programme s’appuie sur le modèle du désir réactif de Rosemary Basson, qui a montré que le désir arrive souvent après la stimulation et non avant, sur les travaux d’Esther Perel sur la tension entre sécurité et désir, sur le modèle du double contrôle décrit par Emily Nagoski, et sur la notion de différenciation de David Schnarch. La théorie triangulaire de Sternberg donne les trois composantes qu’on suit : intimité, passion, engagement.

Pour le soutien mutuel, on utilise le coping dyadique de Guy Bodenmann : la manière dont un couple fait face au stress ensemble, et pas seulement chacun de son côté.

Comment le test est construit

Une cinquantaine de questions adaptatives, réparties sur sept dimensions, les mêmes que dans le programme : communication et écoute, langages d’amour, gestion des conflits, intimité et désir, attachement et sécurité, projet commun, confiance et soutien. Adaptatif veut dire que les questions changent selon tes réponses précédentes, pour creuser là où ça compte et passer vite là où tout va bien. Chaque dimension reçoit un score sur 100.

Les 24 portraits relationnels croisent ton style d’attachement (quatre styles) et ton pattern relationnel dominant (six patterns : Donneur, Protecteur, Aventurier, Fusionnel, Indépendant, Bâtisseur). Les portraits sont un outil de lecture pour te reconnaître et parler de ta relation, pas une catégorie scientifique. Chacun passe le test de son côté, et il repose sur ce que tu déclares : il mesure ton regard sur ta relation, pas la relation elle-même. Si ton ou ta partenaire le passe aussi, vous comparez vos deux rapports.

Comment le programme est construit

Sept dimensions, dix niveaux chacune. Chaque niveau suit trois phases, comprendre, pratiquer, co-créer, et se termine par un quiz de validation. Une session dure environ 8 minutes : une capsule qui explique une idée issue des travaux ci-dessus, quelques questions pour te situer, un exercice ou une action à tester à deux dans la journée, un engagement. Chaque niveau cite ses sources dans son contenu.

Le programme a aussi des garde-fous. Certaines situations ne relèvent pas d’un exercice de couple : quand des réponses évoquent de la violence, du contrôle ou un danger, le programme le dit clairement et renvoie vers les bonnes ressources, dont le 3919.

Nos limites

MyLoveLab ne remplace pas une thérapie de couple ni un suivi individuel. Le score n’a pas encore été validé statistiquement sur un large échantillon : c’est un objectif, pas un acquis, et on le dira le jour où ce sera fait. Ce que tu obtiens est un point de départ sérieux pour comprendre ta relation et agir, pas un verdict.

Références

  1. Gottman, J. M. & Silver, N. (1999). The Seven Principles for Making Marriage Work. Crown. Traduit sous le titre Les couples heureux ont leurs secrets.
  2. Gottman, J. M. & Levenson, R. W. (2000). The timing of divorce: Predicting when a couple will divorce over a 14-year period. Journal of Marriage and Family, 62(3), 737-745.
  3. Joel, S. et al. (2020). Machine learning uncovers the most robust self-report predictors of relationship quality across 43 longitudinal couples studies. PNAS, 117(32), 19061-19071.
  4. Bowlby, J. (1969). Attachment and Loss, vol. 1 : Attachment. Basic Books.
  5. Ainsworth, M. D. S., Blehar, M. C., Waters, E. & Wall, S. (1978). Patterns of Attachment. Erlbaum.
  6. Hazan, C. & Shaver, P. (1987). Romantic love conceptualized as an attachment process. Journal of Personality and Social Psychology, 52(3), 511-524.
  7. Brennan, K. A., Clark, C. L. & Shaver, P. R. (1998). Self-report measurement of adult attachment: An integrative overview. In Attachment Theory and Close Relationships. Guilford.
  8. Fraley, R. C., Waller, N. G. & Brennan, K. A. (2000). An item response theory analysis of self-report measures of adult attachment. Journal of Personality and Social Psychology, 78(2), 350-365.
  9. Mikulincer, M. & Shaver, P. R. (2007). Attachment in Adulthood: Structure, Dynamics, and Change. Guilford.
  10. Levine, A. & Heller, R. (2010). Attached. TarcherPerigee.
  11. Johnson, S. M. (2008). Hold Me Tight. Little, Brown. Traduit sous le titre Serre-moi fort.
  12. Chapman, G. (1992). The 5 Love Languages. Northfield. Traduit sous le titre Les 5 langages de l’amour.
  13. Sternberg, R. J. (1986). A triangular theory of love. Psychological Review, 93(2), 119-135.
  14. Basson, R. (2000). The female sexual response: A different model. Journal of Sex & Marital Therapy, 26(1), 51-65.
  15. Perel, E. (2006). Mating in Captivity. Harper. Traduit sous le titre L’intelligence érotique.
  16. Nagoski, E. (2015). Come As You Are. Simon & Schuster.
  17. Schnarch, D. (1997). Passionate Marriage. Norton.
  18. Bodenmann, G. (2005). Dyadic coping and its significance for marital functioning. In Couples Coping with Stress. APA.